(Complété avec Sunak, Hunt)
LONDRES, 23 octobre (Reuters) -
L'ancien Premier ministre Boris Johnson, rentré samedi à
Londres avec l'ambition affichée de succéder à Liz Truss, a
annoncé dimanche son retrait de la course à la présidence du
Parti conservateur, dans un énième coup de théâtre dont la
politique britannique a désormais le secret.
Sa décision, prise au nom de "l'unité", ouvre la voie à
l'adoubement de l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak.
Le trublion des Tories, qui dirigea le gouvernement de
2019 à 2022, avait été contraint à la démission le 7 juillet à
la suite d'une série de scandales sur fond de lutte contre
l'épidémie de COVID-19 (le "Partygate").
De retour de vacances caribéennes, deux jours après la
démission de Liz Truss au terme d'un mandat de 44 jours, Boris
Johnson s'était lancé samedi dans une campagne éclair pour
recueillir les cent parrainages de députés nécessaires à sa
candidature à la présidence du Parti conservateur. Sa
candidature n'avait toutefois pas été officialisée.
Le Parti conservateur, dans une procédure accélérée,
avait théoriquement fixé à lundi 13h00 GMT le dépôt des
candidatures.
Si deux candidats devaient se présenter, ils se
départageraient dans une élection interne dont le résultat
serait annoncé le vendredi 28 octobre, immédiatement suivie de
la nomination du vainqueur au 10, Downing Street.
Le rebondissement de dimanche pourrait modifier ce
scénario, avec l'annonce d'un Premier ministre dès lundi.
"Il y avait une très grande chance que je l'emporte à
l'élection du Parti conservateur - et que je sois de retour à
Downing Street vendredi", déclare Boris Johnson dans un
communiqué.
"Mais ces derniers jours, j'en suis venu tristement à la
conclusion que ce n'était simplement pas la bonne chose à
faire", dit-il.
"Vous ne pouvez pas gouverner efficacement si vous ne
disposez pas d'un parti uni au Parlement", ajoute-t-il, évoquant
implicitement les tiraillements provoqués par sa tentative de
"come-back".
RISHI SUNAK FAVORI
Il explique avoir recueilli les parrainages de 102
députés mais avoir échoué à convaincre les deux autres
prétendants, l'ancien ministre des Finances Rishi Sunak et
l'ancienne ministre de la Défense Penny Mordaunt, de s'unir
"dans l'intérêt de la Nation".
"En conséquence, le mieux est que je ne pousse pas plus
avant ma candidature et que je m'engage à soutenir quiconque
l'emportera", déclare-t-il. "Je pense avoir beaucoup à offrir,
mais ce n'est tout simplement pas le bon moment".
Le retrait de "Bojo" laisse le champ libre à Rishi
Sunak, autre favori des bookmakers, qui, selon la BBC, dispose
de 150 parrainages à ce stade.
S'il est le seul prétendant à disposer du nombre de
parrainages requis, il pourrait être nommé Premier ministre dès
lundi, selon les règles établies par les Tories. Penny Mordaunt
ne disposait dimanche que de 23 parrainages.
Rishi Sunak, rival malheureux de Liz Truss pour le poste
de Premier ministre, a annoncé dimanche sa candidature sur
Twitter pour "redresser" l'économie britannique et "unir" le
Parti conservateur.
Cet ancien banquier de 42 ans avait vivement critiqué le
programme économique de Liz Truss durant la campagne interne,
des réductions massives d'impôts jugées alors irréalistes, et
dont l'annonce en septembre a déclenché une tempête sur les
marchés.
Rishi Sunak, dont la tempérance économique est à même de
rassurer, avait quitté avec fracas le gouvernement Johnson en
juillet, déclenchant une fronde au sein des Tories. Il s'est
attiré des accusations de trahison à l'égard de l'ex-Premier
ministre, avec lequel les relations sont désormais tendues.
Dans un tweet publié dimanche soir, l'ex-ministre rend
hommage à l'action de Boris Johnson et dit espérer qu'il
continue à oeuvrer à la vie de la Nation.
Si Boris Johnson avait persévéré dans son choix, "le
parti aurait implosé", témoignait dimanche soir un soutien de
Sunak, sous le sceau de l'anonymat.
"Je soutenais Boris pour le poste de Premier ministre,
mais je pense qu'il a pris la bonne décision pour le pays",
estimait pour sa part sur Twitter la députée conservatrice Lucy
Allan.
L'actuel ministre des Finances Jeremy Hunt, qui doit
présenter le 31 octobre un projet de budget révisé, soutient la
nomination de Sunak, selon le Telegraph.
Si Rishi Sunak devait être nommé, ce serait le cinquième
Premier ministre que les Britanniques connaîtraient en six ans.
L'enjeu est vital pour les Tories, qui sont promis à la
déroute par les sondages pour les élections législatives de
2024.
(Reportage Paul Sandle et Kate Holton, Elizabeth Piper, version
française Sophie Louet)
GB-Johnson renonce, Sunak favori pour le poste de Premier ministre
information fournie par Reuters 23/10/2022 à 23:43
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